Courrier des lecteur.trices

Yvonne Winteler, membre de l’Association Climat  Genève, commente les chiffres de l’inventaire suisse des gaz à effet de serre pour 2016.

Le bilan des émissions de gaz à effet de serre de la Suisse pour 2016 vient de sortir, et nous permet de faire également un point sur les émissions de l’aviation. Le bilan n’est pas rose : le total des émissions de d’aviation en 2016 atteint 5.32 millions de tonnes de CO2, soit 10% des émissions suisses (18 à 20% avec les effets indirects), plus que les émissions de toute l’industrie. Les émissions ont augmenté de 4.8% en une année, et de 20% depuis 2010.

Ces chiffres démontrent qu’on ne peut plus ignorer l’aviation dans la lutte contre le réchauffement climatique, et que la Confédération doit adopter rapidement adopter une politique crédible pour arrêter cette croissance, puis inverser la tendance.

Yvonne Winteler (Association Climat Genève)

 

 

 

Courrier des lecteur.es

Nigel Lindup, membre de l’Association des Riverain.es de l’Aéroport de Genève, réagit à l’interview du directeur de l’aéroport, M. Schneider sur la fiche PSIA (Le Matin, 07.03.18) :

Dans le dossier complexe de l’aéroport de Genève, un discours apparemment transparent obscurcit parfois la réalité. La Newspeak (novlangue) de George Orwell (1984) guette.

Par exemple, le Directeur-général de l’aéroport nous rassure que «la croissance n’est pas une fin en soi» (7 mars). Mais la fiche fédéral pour l’aéroport (PSIA) ne parle que de croissance! La Confédération veut que l’aéroport puisse «se développer de manière à répondre à la demande»; elle veut «étendre l’exploitation de l’aire Nord de 22h à 24h»; et se fixe «l’objectif de viser» une capacité déclarée de 47 mouvements par heure à l’horizon 2030, contre 40 actuels.

M. Schneider présente la renonciation à l’usage de la tranche 5h-6h comme une concession aux riverains au nom d’une «croissance qualitative». Or, si l’exclusion des atterrissages entre 5h et 6h est bien un choix de Genève Aéroport – dont nous sommes dûment reconnaissants – les décollages, eux, sont simplement interdits par la loi fédérale.

Le Directeur admet que le PSIA ignore la question du climat, mais l’aéroport serait lié «par d’autres accords sur l’environnement». Mais le Plan climat cantonal exclut explicitement l’aéroport des calculs et mesures applicables à d’autres secteurs de l’économie. L’objectif général de ce Plan est de réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) de 40 % d’ici 2030 par rapport à 1990, tandis que pour l’aéroport c’est de stabiliser les émissions au niveau de 2014. Étant donné que les émissions totales en GES de l’aéroport sont à peu près égales à celles du secteur résidentiel (p. ex chauffage), tous les efforts amenés dans ce dernier seront annulés par le développement débridé du trafic aérien.

Enfin, la politique aéronautique 2016 de la Confédération prône le développement durable, qui comporte trois volets égaux: l’environnement, le social (p.ex. la santé) et l’économie. De plus, elle reconnaît que davantage d’efforts sont requis dans les deux premiers si on veut atteindre un vrai équilibre. Pourtant, le PSIA fait fi de ces engagements en priorisant systématiquement le volet économie. Donc si quelqu’un le décrit comme «très équilibré», je soupçonne l’influence du Ministère de la Vérité de Monsieur Orwell.

Nigel Lindup (ARAGge)

 

 

Ecorating.ch

Ecorating, spécial élections
cantonales genevoises 2018 
 

La CARPE regroupe un ensemble d’associations tant environnementales que riveraines qui s’engagent fortement pour une limitation des nuisances engendrées par l’aéroport de Genève. Ceci comprend les problématiques liées au bruit, à la pollution de l’air ainsi qu’aux émissions de CO2. Nous présentons ici les résultats issus de l’ecorating mené par le WWF, l’ATE et Pro Natura pour les élections genevoises 2018.

Nous avons sélectionné les réponses concernant directement les activités de la CARPE. Au vu des résultats du questionnaire, nous souhaitons réaffirmer l’importance de se doter d’une politique cohérente en matière de transport aérien à Genève. Refuser l’augmentation massive des passagers prévue par la Confédération devrait aller de pair avec un soutien à l’initiative de la CARPE « pour un pilotage démocratique de l’aéroport de genève », qui constitue un outil constitutionnel. Notre coordination sera donc attentive au suivi des politiques mises en place pour la prochaine législature afin de garantir la cohérence des engagements pris.

Nous poursuivons ainsi nos objectifs de diffusion et d’échange d’informations sur les conséquences de la croissance effrénée de l’aéroport. Ceci passe par un engagement, avec tous les moyens à notre disposition, pour influencer les décisions concernant le développement de l’aéroport, afin qu’il soit respectueux de la population et de l’environnement.

Réponses des candidat.es aux questions suivantes:

  • Question 1 : Soutenez-vous l’initiative populaire de la CARPE « pour un pilotage démocratique de l’aéroport de Genève » ?
  • Question 2 : Soutenez-vous la volonté de la Confédération d’augmenter le nombre de passagers à l’aéroport de Cointrin de 15 millions à 25 millions (+60%) en 12 ans ?

Table ronde

PSIA, développement de l’aéroport de Genève et des nuisances: 
un regard de Berne et d’Europe
 

Jeudi 22 mars 2018 À 19h30

En présence de :
Marcel G. Zuckschwerdt, directeur suppléant de l’OFAC
Ludovic Schneeberger, chef du projet PSIA Genève à l’OFAC
Dominique Lazarski, présidente de l’Union européenne contre les nuisances aériennes

Modération : Eric Lecoultre, Le Courrier

Université Ouvrière de Genève
Place des Grottes 3, Genève

Courrier des lecteurs

Anne-Lise Robert-Nicoud, habitante de Vernier a réagi à l’annonce de la neutralité en carbone de l’aéroport de Genève (Tribune de Genève, 26.01.18) :

L’aéroport de Genève annonce fièrement le 26 janvier 2018 que son bilan carbone a reçu la note 3+ et que, grâce à son achat de droits d’émissions en 2017, il va pouvoir financer des projets en Chine et au Kenya. Génial ! on est contents pour eux.

Et pour la pollution engendrée par les décollages et atterrissages au-dessus de nos têtes, on fait quoi ? On demande aussi à la Chine et au Kenya d’accueillir nos vols ?

Anne-Lise Robert-Nicoud